28.12.2008
LA JEUNE FILLE A LA PERLE ( suite )
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| Auteur Tracy Chevalier L´univers de Griet bascule un jour de 1664 où elle doit devenir la servante d’une famille de catholiques qui vit à Delft dans « le coin des Papistes ». A 16 ans, Griet, fille du céramiste Jan aveugle depuis un accident de travail, pourvoira en partie aux besoins de sa famille grâce aux huit florins par jour qu’elle gagnera en échange des corvées domestiques épuisantes qui vont être son lot pendant de longs mois. Mais Griet est protestante, elle n’a jamais fréquenté de près des catholiques aux moeurs bizarres. Qui plus est, son univers, modeste, se réduit au petit monde des ouvriers et des marchands de viande, le domaine de la peinture lui est radicalement étranger, de même que la vie au quotidien auprès de six enfants ! Les corvées ménagère seront à la hauteur de sa méfiance car pendant deux ans, Griet nettoiera, époussettera les moindres recoins de la maisonnée et lavera des tonnes de linge. Heureusement pour elle, si l’accueil dans cet univers intérieur régi par des femmes (Catharina la femme pondeuse du peintre, Maria Thins sa belle-mère, Tanneke la bonne à tout faire avant l’arrivée de Griet, Cornelia la méchante enfant qui ne cherche qu’à lui nuire), l’artiste qui la reçoit chez lui n’est pas n’importe qui : Vermeer. Un Vermeer habité, pour ne pas dire hanté, par la fièvre créatrice et qui ne recule devant rien pour faire avancer chacun de ses tableaux, Griet l’apprendra bientôt à ses dépens… Si ce beau roman de Tracy Chevalier fascine, c’est par l’aisance avec laquelle le lecteur se trouve introduit dans la vie austère des familles hollandaises au XVIIe siècle. D’un côté, le dur milieu des petites gens qui ne répugnent point à la peine car pétris de l’idéal protestant ; de l’autre, les difficultés pour un artiste ayant renié sa religion d’origine à nourrir sa famille nombreuse quand il ne fait et vend que deux tableaux par an tout au plus. Le tour de force réside dans l’alternance entre ces deux points de vue, que ne sépare souvent, outre l’immense génie de l’un contre le seul talent des autres, que l’adhésion à un dogme. Des états d’âme de Griet, jeune fille se métamorphosant en femme, servante s’attirant peu à peu d’inédites faveurs du maître, aux inquiétudes des parents en passant par les complots ourdis à leur niveau par chaque protagoniste, La jeune fille à la perle constitue surtout un hommage à l’art de peindre, qui met en particulier l’accent sur la toile éponyme de Vermeer. Un tableau auquel Griet est d’autant plus sensible qu’elle en est le modèle et qu’il va en un certain sens provoquer sa perte ! En effet, Vermeer sollicite au fur et à mesure la jeune fille pour qu’elle l’aide à peindre : si le travail de la servante consiste d’abord dans l’art de nettoyer les objets inscrits dans le décorum de chaque tableau sans les bouger d’un iota, il s’agit ensuite d’aider Vermeer à broyer puis mêler ses pigments en cachette. De prendre part, grâce à « la chambre noire » de son ami Leeuwenhoeuk, à la disposition de chaque toile dans ses moindres détails. Une participation de plus en plus active à l’œuvre qui atteint son paroxysme lorsque l’expert en vue de Delft en portraits lui demande, sous la pression de son commanditaire Van Ruijven, amateur de jolies ancillaires, de la coucher sur toile à son tour. La rencontre entre Vermeer et Griet, qui ouvre les premières pages, moment où Vermeer et sa femme embauchent Griet qu’ils aperçoivent dans la cuisine familiale en train de préparer une soupe dans la cuisine familiale, triant les légumes en fonction de leur teinte, est emblématique de ce que sera leur relation – mélange de respect et d’amour transgressifs imbriqués sur fond de décomposition spectrale des couleurs. Griet s’en souviendra toute sa vie avant d’épouser son boucher de mari, opposition « tranchée » entre la finesse mystique de Veermer (que la servante nomme toujours « il » avec pudeur tout le long du récit) et la rudesse sanguinolente de Pieter fils. « J’aimais broyer les ingrédients qu’il rapportait de chez l’apothicaire, se remémore Griet, des os, de la céruse, du massicot, admirant l’éclat et la pureté des couleurs que j’obtenais ainsi. J’appris que plus les matériaux étaient finement broyés, plus la couleur était intense. A partir de grains rugueux et ternes, la garance devenait une belle poudre rouge vif puis, mélangée à de l’huile de lin, elle se transformait en une peinture étincelante. Préparer ces couleurs tenait de la magie. » Lire Tracy Chevalier aussi. L'homme m'observait de ses yeux gris comme la mer. Son visage allongé, anguleux, reflétait la sérénité alors que celui de son épouse était aussi changeant que chandelle au vent. Il ne portait ni barbe ni moustache, d'où cette apparence nette que j'appréciai. Une houppelande noire couvrait ses épaules, sa chemise était blanche et son col de fine dentelle. Son chapeau était enfoncé sur la chevelure couleur de brique défraîchie par les intempéries. Sa question me surprit, mais je n'en laissai rien paraître. Je coupais des légumes pour la soupe, Monsieur." J'avais l'habitude de disposer les légumes en cercle, par catégorie, comme les parts d'une tarte. Il y avait cinq parts : choux rouge, oignons, poireaux, carottes et navets. Je m'étais servie d'une lame de couteau pour délimiter chaque part et j'avais placé une rondelle de carotte au centre. L'homme tapota sur la table. "Est-ce dans cet ordre qu'ils iront dans la soupe ? me demanda-t-il en étudiant le cercle. -Non, Monsieur." J'hésitais, je n'aurais pu expliquer pour quelle raison je les avais arrangés de la sorte. Je m'étais dit que ça devrait être comme ça, un point c'est tout, mais j'avais trop peur d'avouer ça à un monsieur. "Je vois que vous avez mis de côté les légumes blancs, reprit-il en montrant les navets et les oignons. Tiens, ceux de couleur orange ne voisinent pas avec ceux de couleur pourpre, pourquoi ça ?" Il ramassa une tranche de chou et un bout de carotte, les secoua dans sa main comme des dés. Je regardais ma mère, elle hocha discrètement la tête. "Les couleurs jurent parfois quand elles sont côte à côte, Monsieur." Il fronça les sourcils, de toute évidence il ne s'attendait pas à cette réponse. "Dites-moi, vous passez beaucoup de temps à disposer les légumes avant de faire la soupe ? -Oh non ! Monsieur", répondis-je confuse, je ne voulais pas qu'il crût que je gaspillais mon temps. Du coin de l'œil, j'entrevis un mouvement. Ma sœur Agnès nous épiait, tapie derrière le montant de la porte. En entendant ma réponse, elle avait secoué la tête. Il était rare que je mente. Je baissai les yeux. L'homme tourna légèrement la tête, Agnès disparut. Il laissa retomber les morceaux de carottes et de chou parmi leurs semblables. Le chou se retrouva en partie avec les oignons. J'aurais voulu tendre la main pour le remettre à sa place. Je me retins, ce qu'il devina. Il me mettait à l'épreuve. "Assez bavardé comme ça", déclara la femme. Si agacée fût-elle par l'attention qu'il me portait, c'est moi qu'elle fustigea du regard. "Nous disons donc à demain ?" Elle se tourna vers l'homme avant de sortir majestueusement de la pièce, suivie par ma mère. L'homme jeta un dernier coup d'œil à ce qui devait être la soupe, puis il me salua de la tête et suivit les femmes. " (Pages 15 à 17) par Marie Alstadt Commentaires d'ACF (de Madeleine Métivier) Tracy Chevalier, auteur américain des plus discrets jusqu'à présent, a profité du silence des historiens de l'art pour imaginer l'histoire de l'inconnue et de sa rencontre avec le peintre. Il lui a semblé, a-t-elle dit, que Vermeer lui dictait son roman, à travers la simple contemplation du tableau. La jeune fille vue par l'écrivain s'appelle Griet. Vermeer qui cherchait une servante, l'engage parce qu'elle a une manière particulière de trier les légumes en fonction de leurs couleurs. Il fait d'elle peu à peu son assistante. Elle seule, dans la bruyante maison Vermeer (6 enfants), peut accéder au saint des saints, l'atelier. Il la choisit finalement pour modèle, ce qui ne la dispense pas d'accomplir par ailleurs son travail quotidien de quasi-esclave. Elle l'aime. Il n'aime que son image. De tous les livre, de la rentrée qui se nourrissent de l’œuvre d'un peintre, celui-ci est sans doute le plus réussi. Sa facture est des plus classiques. L'auteur déroule son histoire de façon linéaire, de la rencontre entre les deux personnages jusqu'à la mort de l'un d'eux. L'écriture est simple, tout au service du récit. Sa beauté naît de cette transparence. Tracy Chevalier a eu l'heureuse idée de respecter le mystère qui entoure Jan Vermeer. La narratrice, c'est-à-dire Griet elle-même, sait peu de choses de son maître. Il ne parle guère, ne s'explique pas. Il ne l'approche qu'une fois, pour un simple effleurement, dans lequel se concentre tout l'érotisme de leur relation. Il n'est pas odieux pour autant, puisqu'elle est heureuse de le servir. Il reste le seul être qui lui ait donné accès à la beauté, quelque temps dans cette pauvre vie de misère et de labeur. Une histoire émouvante écrite d'une façon inégalée !! Cette finesse et la sensualité qui émanent des toiles de Vermeer, Tracy Chevalier a su les transposer dans son écriture. Une perle rare ! (L'avis de la Fnac
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LA JEUNE FILLE A LA PERLE
La Jeune Fille à la perle ou la Jeune Fille au turban est un tableau de Johannes Vermeer peint vers 1665, exposé au Mauritshuis de La Haye (huile sur toile, 45 × 40 cm). On l'appelle aussi la « Joconde du Nord ».
Vermeer a travaillé avec des éléments chromatiques simples ; quelques glacis du même pigment expriment les ombres. Le turban, mélange d'outremer et de blanc, est surmonté d'un tissu jaune éclatant ; la veste modelée avec un ocre plus clair fait ressortir le blanc du col qui se reflète dans la perle. L'art de la carnation tient dans un glacis mince, de couleur chair, sur un sous-modelage transparent.
Éclatante sur fond de néant, la jeune fille ne se laisse pas oublier facilement. Tracy Chevalier lui a consacré son deuxième roman, qui retrace la vie imaginée du modèle du tableau et des circonstances qui ont entouré la réalisation de ce dernier. André Malraux déjà soulignait la simplification magistrale qui en fait un « galet translucide ».
Portrait ou figure de l'idéale beauté ? La jeune fille à la perle et au turban gardera son mystère. Quand le visiteur quitte le musée, il sent que son regard songeur le suit.
« Le Mauritshuis est un petit musée, ancien et tranquille, qui est un cadre parfait pour La Jeune fille au turban. Les jours d'hiver, il arrive qu'il n'y ait aucun visiteur dans la salle où elle est exposée. Au dehors, les rues sont silencieuses; la lumière qui tombe du ciel bas est celle que Vermeer a connue. Au milieu de toutes les œuvres recherchées du XVIIe siècle qui l'entourent, la jeune fille émerge dans une tache de couleur claire et illumine la salle. »
— Hans Koning
14:15 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.08.2008
WALL . E
Fiston est revenu !!!!!
Il était parti pour le mois d Août chez son père ,
mais faut croire que la soupe n est pas si mauvaise chez maman !!!
Alors au bout de 5 jours ( même 4 et demi ) , le voilà de retour !!!!
Je l aime tellement ( comme tous mes enfants ) , que j ai vite oublié
ses crises d adolescence .
Ah là là .... ces enfants .....
Bon alors pour fêter ça on vient de s offrir un truc tout bête ,
qu on ne fait jamais le soir ( car trop cher ) , une séance de
cinéma , avec pop corn et coca ....
La totale quoi !!!!!
Et on a été voir quoi ?????
WALL . E
Franchement on a adoré . Walt Disney et Pixar quoi de mieux
pour nous plonger dans un film , d animation certes ,
mais rempli d émotions et de réalité comme sait si bien le faire Disney .
C est "" SAUVONS LA TERRE "" , mais avec de l humour ,
de l amour , et des robots .... !!!!
C est à voir .
Pas avec des enfants ....
Bien sûr une fois de plus ,nous avons regardé le coté "" technique "" ,
en reconnaissant le travail ( énorme ) qu il faut pour arriver
à un tel résultat .
On a passé une excellente soirée .
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